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03/11/2012

FEEBLEDIDI!

1939---autant-en-emporte-le-vent103

 

Hier soir, après être tombée par hasard sur la parodie d'Autant en emporte le vent dans une émission de la TNT, je me suis souvenue que

1) c'était un de mes films préférés

2) il y avait une éternité que je ne l'avais pas regardé

3) il faisait partie de la collection de dvd qui avait dormi chez ma soeur pendant quatre ans et qu'elle venait juste de me rapporter.

Pour couronner le tout, pas de Doudou en vue pour râler que ça dure trop longtemps et qu'il préfèrerait regarder Alien ou Roméo+Juliette, les conditions étaient donc optimales pour une soirée « Chef d'oeuvre du 7° art rien que pour mes yeux ».


Et j'ai beau avoir regardé le film des dizaines de fois depuis mon enfance, avoir lu le livre, connaître l'histoire du tournage et de ses acteurs, hier soir, étrangement, je l'ai vu d'un oeil neuf.

Évidemment, j'ai vieilli et je suis devenue maman entre temps, donc les passages qui me bouleversaient petite ne sont plus les mêmes aujourd'hui. Maintenant, je pleure quand Scarlett perd sa fille; avant, c'était au décès de ses parents. Là, j'ai réalisé que j'étais vraiment devenue adulte.


Quand le film a commencé, je ne vous cache pas que je me suis demandé s'il me plairait toujours autant, d'autant que Scarlett, mon héroïne de toujours, était déjà en train de me taper sérieusement sur le système.

Puis, j'ai compris. Que je n'avais jamais voulu être comme elle. Que je m'étais toujours reconnue en elle. Dans sa manière de vouloir sans arrêt être au centre de toutes les attentions, dans son irrémédiable tendance à construire sa vie sur des chimères, à s'aveugler de désir pour ce qu'elle sait inaccessible au point de passer à côté du bonheur qui, pourtant, lui tend les bras, à ne s'apercevoir réellement de ses sentiments pour quelqu'un que quand elle l'a perdu... Toutes ces côtés de moi dont j'ai pris conscience récemment et sur lesquels je travaille d'arrache-pied. Pour ne pas finir comme elle. Parce que, finalement, Scarlett O'Hara n'est pas mon modèle. Mais je pourrais peut-être être le sien!..


J'ai également compris que, si son histoire d'amour avec Rhett Butler est considérée comme l'une des plus belles du cinéma, c'est probablement parce que c'est la plus vraie de toutes. Car, dans notre vie amoureuse, combien de fois nous sommes-nous retrouvées à jouer au chat et à la souris, comme eux, et combien de fois avons-nous vécu l'osmose totale et immuable, comme dans n'importe quelle comédie estampillée Meg Ryan? Hein?


Mais, ce qui m'a le plus frappé, c'est combien ce film est d'actualité. Ces gens d'une autre époque, incapables de se faire à l'idée que leur monde n'est plus et qui s'accrochent désespérément aux lambeaux de leur société défunte, quelque part, c'est nous.

Nous, les Occidentaux, qui ne voulons pas voir que notre mode de vie est dépassé, désuet, que notre univers s'effondre sous nos pas. Nous nous cramponnons à notre pétrole, à notre nucléaire, à nos supermarchés, comme les Sudistes à leurs champs de coton. Nous nous acharnons sur la planète pour des questions de profit, comme ils le faisaient sur leurs esclaves.

Et comme eux, pour peu que nous ayons un minimum les moyens, nous sommes globalement satisfaits de la vie que nous menons, malgré ses contradictions, ses aberrations et ses injustices. On le sait bien qu'il y a des choses qui ne vont pas, mais on en parlera ce soir, à l'apéro avec les copains, là on a pas le temps, il faut qu'on aille remplir notre caddie de surgelés Marie, d'épices irradiées, de tomates du Maroc et de tout un tas de bricoles made in China.


Bien sûr, nous ne sommes pas comme ces gens. Ces salauds d'esclavagistes, responsables de ce que nous nommons, dans notre époque éclairée, un crime contre l'Humanité. Ces personnes obtues, arriérées, qui pensaient que leurs « nègres » étaient des êtres inférieurs tout juste bons à s'échiner dans les champs de coton. Finalement, leur chute, ils l'ont bien méritée, non?

Probablement. Je suis juste curieuse de savoir ce que les générations à venir penseront de nous, comment elles nous décriront dans les livres d'Histoire.

Non, nous ne sommes pas prêts à renoncer à ce que nous pensons être seul capable de nous apporter du bonheur, nous voudrions que rien ne bouge, figé dans de fugaces moments d'insouciance. Seulement voilà, ce n'est pas dans l'ordre des choses. Et on peut d'ores et déjà entendre le vent souffler.

Alors, quand il aura tout balayé, emportant avec lui nos repères et notre monde tel que nous l'avons toujours connu, serons-nous de ceux qui auront su s'adapter au changement et oeuvré en ce sens, ou bien de ceux qui pleureront leur paradis perdu, leur glorieuse civilisation gone with the wind?

 

*Taratata!

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Commentaires

Celui là non plus je l'ai pas vu ;-)

Écrit par : Laurie | 05/11/2012

Bon, va falloir se faire une grosse soirée dvd dans un futur proche alors :)

Écrit par : Electrical | 20/11/2012

Vous devriez participer pour une des meilleures sites sur le web .
I feront très certainement site web!

Écrit par : Zulema | 10/07/2013

Les commentaires sont fermés.